L'aventure cette fois se révèle très différente de la première et beaucoup plus
difficile.
Rien de commun, aucune comparaison possible.
Dur, dur, ce n'est pas vraiment une partie de plaisir...
Ici, c'est la savane arborée, c'est-à-dire de vastes plaines de sable balayées sans cesse par
de forts vents d'est que ni les arbustes rabougris, ni les acacias disséminés ça et là ne peuvent freiner. Seules les grandes rizières ou les maraîchages coupent parfois la monotonie du paysage.
De grosses pompes aspirent l'eau de fleuve et permettent ainsi l'irrigation à grande échelle de parcelles appelées "projet" car souvent financées par des ONG étrangères.
Jusqu'à 9 h 30, il est possible de marcher sans problèmes. Après 10 jours de ce régime,
après les habituelles douleurs tournantes, tout est rentré dans l'ordre, malgré de petites tensions persistantes dans les deux métatarses ...
Au petit matin, je pars allègrement, le sac à dos se faisant de plus en plus léger ! Même pas
mal aux épaules !!!
Mais subrepticement, le vent se lève et forcit m'obligeant à me courber ...Le "haouli" (
prononcer raouli ) enfoncé sur les yeux et les oreilles, enroulé autour de la tête et du menton, les lunettes fermant le tout, je peux ainsi affronter les tempêtes de
sable.
Je ferme la bouche sous le tissu étouffant, j'avale ma salive pâteuse, je respire par le nez à
moitié bouché et ensablé. Malgré toutes ces précaution, cela craque sous les dents, roule sous les paupières, dépose une fine pellicule farineuse absolument partout ! La peau s'assèche, les
narines s'encroûtent, les cheveux se collent, les habits se durcissent, les poumons toussent et crachent ... charmant tableau !
Tout est sable ici, il n'y a que ce mot, vent de sable, tempête de sable, poussière de sable,
couleur sable ...
Comme on dit, j'en bave des ronds de chapeau ( au fait, pour quoi dit-on cela ?
)
Le sac à dos, grosse prise au vent me freine dans ma progression et fait forcer les pieds, les chevilles,
les genoux et même les cuisses! Je viens de réaliser que dans le désert ce ne sont pas les hommes qui portent les charges mais les animaux, dromadaires ou ânes ...
J'ai quand même traversé quelques forets classées ou j'ai dérangé quelques belles bandes de
singes , je ne sais lesquels, macaques ? à contre-jour, difficile de les identifier .Trois phacochères ont évité ma trajectoire en faisant un grand arc de cercle, loin devant moi ! Et deux
rolliers m'attendaient avant Silbé ! Mais ils ne m'ont même pas regardée ...
Comme d'habitude, le choix de mes logeurs d'un soir, se fait sans que je choisisse vraiment..
Sachant rapidement que je suis française, un gamin m'amène directement chez LA personne qui parle français , enseignant, directeur d'école ou maire !
L'accueil est chaleureux, on m'installe dans une "chambre" ou au "salon" , avec matelas et
oreiller, tout va bien, je mange et dors tellement bien !!!
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