" Ces envoyés du Paradis,
Sont des mascottes, mes amis
Heureux celui que le ciel dote
D'une masco-o-o-ote " Opéra comique de Audran
Cet air me poursuit depuis 1963. Je le chantais à mes enfants, maintenant à mes petits-enfants. Il m'aura fallu 40 ans pour l'accueillir, MA mascotte !!! En Afrique bien sûr !
C'est mon oiseau bleu, le Rollier d'Abyssinie !
Depuis 4 ans, il me protège, m'informe, me suit...
Cette histoire d'amour, cette complicité est née au fond d'un puits...
Je puisais de l'eau quand j'aperçus, cramponné à une aspérité du mur, sombre dans l'ombre, un oiseau, les yeux exorbités de peur et de froid. Tapi au fond de mon seau qui le remontait à l'air libre, incapable de s'envoler, paralysé ou blessé, je le séchais et le déposais sur des chiffons, dans un carton, dans ma case. Au bout de quelques jours, bien nourri de mil, il manifesta le désir de s'envoler. Il resta quelques heures sur le manguier devant ma porte ; je ne le quittais pas des yeux. Son regard m'a impressionnée pour toujours.
Depuis, quand je pars en voyage en taxi-brousse ou en car-rapide, vous connaissez maintenant ces transports en commun africains, carcasses désossées ou tombeaux roulants, de mon siège à un moment ou à un autre, je tourne la tête automatiquement attirée par la présence de "ma mascotte" sur un fil électrique. Je n'ai pas à la chercher, si elle est là, je la vois et je sais que le voyage se passera bien. Si elle n'est pas là dans les premiers kilomètres, le pire peut arriver et je dois être sur mes gardes...