Nous avançons difficilement entre deux rangées de petites boutiques au milieu d'une foule de femmes, d'enfants, d'hommes couverts de boue blanchâtre ou ocre. Il y a de tout à Rangaya : des légumes, plus beaux qu'à Diatiféré, des marmites, des bols émaillés ou en plastique, des habits, des épices, de la vaisselle, des pelles, des pioches, des seaux, des bonnets de laine bien alignés, des blousons bien chauds, des bottes, des tongs, et bien sûr, les "peseurs d'OR" assis par terre, leurs "fanfas" étalés devant eux : ce sont de petits récipients en alu, en forme de poire allongée avec une extrémité ouverte, où l'on dépose les pépites ou la poussière d'or à peser. Tout est petit : la balance, les poids, les petits grammes d'or. Ce sont les femmes essentiellement qui viennent troquer contre quelques billets ce qu'elles ont trouvé en lavant du matin au soir la boue de la rivière .