trek rive droite du fleuve Sénégal, Mali et Guinée, 640 km en solo
Samedi 1er novembre
Une éclaircie en arrivant à Agadir ……
Après quelques courses à Marjane, le « carrouf » marocain, nous allons jusqu’à Aourir, à quelques kilomètres, où Patrice doit faire quelques réparations et surtout trouver 26 fauteuils pour revendre le bus à Bamako.
De nuit, sous la pluie, nous entrons dans une cour fermée de hauts murs où sont alignés une demie-douzaine de camping-car ou bus transformés. C’est le passage obligé, connu des seuls initiés où se retrouvent tous les routards et « teufeurs », cheveux « loks » ou roux, henné ou percing, tous nous accueillent chaleureusement.
Le patron, Hassan, ami de Patrice depuis plus de 20 ans, nous entraîne dans son repaire à l’ambiance pour le moins inattendue !
En quelques minutes nous sommes une quinzaine autour des tables et au son de bonnes musiques jazzy, rock ou reggae, le whisky coule à flot, avec ou sans coca, gin ou punch, L’atmosphère est vite irrespirable ( je suis la seule non-fumeuse !!!)
On sert des fruits de mer, oursins, crevettes et calamars, des galettes, des omelettes, c’est l’abondance !
Vraiment quel accueil inoubliable !
Une partie de UNO démarrant, je me retire dans ma couette en toile de parachute plus qu’humide !
Dimanche 2 novembre
Je laisse Patrice et ses amis, pour retrouver mon ami Abdel, sa femme Sahra et leur petite Nadja de 1 an. Ils habitent dans leur nouvelle maison de Laqsabi, à 10 km de Guelmim. ( surtout ne dites pas « Goulimine » comme cela est écrit dans tous les guides ou sur toutes les cartes, vous passeriez pour un touriste que vous n’êtes pas , n’est-ce pas ? )
(voir l’article de l’année dernière sur le Sahara Occidental
Les murs extérieurs de la maison en pisé ont été conservés et doublés par l’intérieur, ce qui lui assure une fraîcheur incomparable en été mais actuellement plus que froide ; 16 ° à peine …
A l’intérieur, les rares fenêtres toutes petites donnent à peine assez de clarté pour ces grandes pièces carrelées avec goût dont les murs sont peints en blanc. Pas de meubles mais des tapis partout et deux télévisions, deux salons et deux chambres, salle de bain et cuisine bien équipée.
Abdel et sa fille Nadjia
Le grand salon
Dehors, ce sont à perte de vue, des champs de pierres et de sable inondés, encore détrempés et entourés à l’horizon de montagnes roses sur 360°. Je marche tous les jours avec Abdel, emmitouflée dans mon Kway, le bonnet de laine enfoncé sur les oreilles
Ca et là, des fermes en pisé en ruines sont abandonnées depuis longtemps et vouées à une totale destruction. De terre, elles vont retourner à la terre. D’autres bâtisses, de loin en loin, quelques groupes de palmiers ou d’oliviers altèrent l’uniformité du paysage. On y cultive les tomates ou le blé.
Une curiosité de la nature !
Il suffit de se baisser pour ramasser des dattes !
La sécheresse revenant au grand galop, vite il faut semer !
Modernité et tradition
Lundi 3 novembre
Le soleil est de retour, faiblement, le moral remonte et je recommence à bien dormir !
C’est l’anniversaire de mon père aujourd’hui, il aurait eu 104 ans …
Décédé un 24 décembre, il y a 44 ans, il est et restera toujours mon guide, mon modèle et mon ange gardien.
Mardi 4 novembre
Il paraît que le nouveau président des Etats-Unis est élu, il s’appelle Barak Obama …
Aujourd’hui, c’est aussi l’anniversaire d’un petit André, né sur une charrette à Sokone ….
Une bien belle histoire que je peux vous conter, si vous voulez .