Qui avait dit que je ne supporterais pas ?
Qui avait dit que j'étais fragile ?
La solitude, elle est là, à tous les instants, même dans une foule bruyante. Dans un pays inconnu, avec des langues incompréhensibles, des coutumes étranges, vous êtes toujours seule pour vous en sortir, seule face à vous-même. Et puis, quand on marche, comme ça, pendant des kilomètres, des heures durant, on a tout le temps pour penser, analyser, revivre des épisodes de sa vie. Qu'on le veuille ou non, ils sont là, en vous, ils surgissent d'on ne sait quel tiroir de votre mémoire, sans même vous avertir. Pourquoi tel épisode plutôt que tel autre ? Mystère...
Il paraît qu'avant de mourir, on revoit sa vie en "accéléré", alors, pour moi, je suis en train de mourir "au ralenti" pour mieux renaître sans doute...
Je ne choisis pas, tout celà s'impose à moi comme le seul chemin possible dont la finalité m'est encore inconnue. Bien que...
A l'inverse de la douleur, je les recherche ces instants de pleine solitude, dans ces espaces qui n'en finissent pas. Au rythme de mes 4 km/ h, GPS en main, j'avance inexorablement attirée vers mon but. Une amie très chère, Elyane, m'a comparée à Alexandra David Néel ! Euh ! enfin, presque !!! Quelle femme exceptionnelle ! A 101 ans, elle écrivait toujours. Elle fut précurseur en son temps comme le fut Théodore Monod, l'une en Asie, l'autre dans les déserts du monde.
Me voilà donc devenue "aventurière" ou "exploratrice"! C'est mieux que retraitée, non ? C'est un nouveau statut qui, ma foi, me convient bien et qui j'espère, plaira et rassurera certains...
Je n'attends rien, je n'espère rien, je suis LIBRE...