Je voudrais terminer ce blog par les derniers articles de cette fin de trek, .
7 mars 2009
Il me faut maintenant rejoindre Ndiago-Mboyo, entre le fleuve et l’océan, là où j’avais été refoulée en novembre 2008 par la gendarmerie. (cf. article du "J-2, deuxième vrai faux départ du 26-11-2008 ) Quelle joie de remarcher après ces milliers de kilomètres en bus ou en train, après mon arrivée à Bafoulabé, final de ce trek . Bafoulabé, Bamako, Ouagadougou, Boromo et retour , puis Kaolack au Sénégal, Limane, Dakar, St Louis, Rosso , Mauritanie!!! Je ne pensais pas retrouver d’aussi bonnes sensations en remettant mon sac au dos . Mais d’abord, 4 heures de pistes chaotiques, juchée sur des boîtes de conserves et des canettes de Coca-Cola, le long de la digue au bord du fleuve. Le « Toyota pick-up » me dépose à Birette, petit village maure où je passe la nuit. Le directeur du Parc du Diawling, ami de Stéphane Bouju, m’indique la piste pour rejoindre un affluent du fleuve, le « Tiallak « que je dois traverser en pirogue pour ensuite arriver à Ebden et Ndiago. Enfin seule! Reprendre la piste après mes fièvres et un long arrêt de 1 mois et demi me comble de bonheur et de sérénité. Deux pélicans tournoient dans le ciel tels deux planeurs et me guident vers l’eau. Oh là, là, me voilà dans la boue jusqu’aux chevilles. La progression est difficile et un peu angoissante, dans ces marécages glissants. Je n’ai pas la stabilité des vaches qui me regardent d’un air ahuri !
Au bord de l’eau, je me pose sur une petite plage herbeuse d’où j’aperçois, sur l’autre rive, loin, loin, deux hommes sur une pirogue. Vont-ils me voir ? Je sors mon pagne en voile de coton ultra léger et, à bout de bras, le laisse flotter tel un drapeau dans le vent fort. Je trouve le temps long avant d’apercevoir la pirogue se diriger dans ma direction! Ne pouvant accoster près de la petite plage, il me faut « replonger » dans la boue de plus en plus glissante pour rejoindre la pirogue. Ouf! Habib attrape mon sac à dos et m’aide à me hisser à bord . Après une traversée mouvementée et agitée par de grosses vagues, un ami pêcheur nous attend avec un bidon pour nous rincer les pieds, délicate attention, sous le regard vide d'une raie échouée..
.Je suis invitée à manger et me reposer chez Habib où sa femme m’apporte une omelette ET un tieb! Après le thé traditionnel, la séance photo les fait bien rire !
Je reprends la piste à 16h30, piste monotone, balayée par un vent très fort . Un maure, perché sur son dromadaire, comme par hasard à un croisement de pistes, m’indique la bonne direction!
L’adjoint au Maire de Ndiago, en l’absence de ce dernier me reçoit et me présente quatre français de l’association « Pont-Ndiago ». On sympathise, on échange adresses et mails, nous nous trouvons plein de points communs. C’est fou ces rencontres du bout du monde, qui d’ailleurs n’a pas de bout. On tourne en rond, ou plutôt la terre tourne sous nos pieds, on croit avancer mais souvent nous piétinons sans nous en rendre compte …